“Je suis un homme pour qui le monde visible existe.”
(Théophile Gautier, autour de 1857, d’après le Journal des Goncourt)
Alors que je faisais des recherches sur Gautier autour de 1840 (époque de son voyage en Espagne avec l’un des tous premiers daguerréotypes), je suis tombée sur un article de Leaule sur Gautier et la photographie (blog trouvé au hasard de rebonds de toile). Quelques commentaires en particulier m’ont frappée — l’article d’ailleurs vaut le coup d’être lu, malgré la mise en page dissuasive et la brutalité des transitions (brutalité dont mes petites notes se font l’écho !) :
- “Il est possible de parler de rivalité du pittoresque et de la photogénie dans l’esprit de Gautier.” Deux tendances esthétisantes, bien sûr, ce qui n’est pas surprenant chez ce cher Théo… Et un cadre théorique qui s’adapte bien également à son écriture, voir à sa vie (Ernesta vs. Carlotta !)
- “La spectralité est un régime de visibilité purement romantique” : outre la richesse polysémique de la formule, son élégance m’a, tout simplement, séduite… Bien sûr Gautier est sensible à cette approche de l’image qui lui laisse une “marge” de fantastique mais révèle le réel plus qu’elle ne le transforme.
J’aurais aimé inséré ici un daguerréotype de Gautier, mais mes recherches sont pour l’instant infructueuses… Voici donc quelques mots supplémentaires, également empruntés : “Gautier aime particulièrement les paysages à la limite du visible : il aime les paysages éblouissants où la lumière est vive et abondante. Il aime les paysages russes, brûlés par la lumière et la neige. La lumière, qui créé l’image, peut aussi la détruire du fait de ses excès. Théophile Gautier veut donc « visiter les pays dans des saisons violentes.”
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