La Route des Flandres
“Il tenait une lettre à la main, il leva les yeux me regarda puis de nouveau la lettre puis de nouveau moi, derrière lui je pouvais voir aller et venir passer les taches rouges acajou ocre des chevaux qu’on menait à l’abreuvoir, la boue était si profonde qu’on enfonçait dedans jusqu’aux chevilles mais je me rappelle que pendant la nuit il avait brusquement gelé et Wack entra dans ma chambre en portant le café disant Les chiens ont mangé la boue, je n’avais jamais entendu l’expression, il me semblait voir les chiens, des sortes de créatures infernales mythiques leurs gueules bordées de rose leurs dents froides et blanches de loups mâchant la boue noire dans les ténèbres de la nuit, peut-être un souvenir, les chiens dévorants nettoyant faisant place nette : maintenant elle était grise et nous nous tordions les pieds en courant, en retard comme toujours pour l’appel du matin, manquant de nous fouler les chevilles dans les profondes empreintes laissées par les sabots et devenues aussi dures que de la pierre, et au bout d’un moment il dit Votre mère m’a écrit.”
First sentence of La Route des Flandres. I was sold on the book from this simple sentence: it depicts a drab, glum reality (cold, hard, grey, muddy, aggressive, guilt-inducing…), but there is everything you need for comfort in here too: friendship, warm colors, coffee and a mythical, fantastical imagination.
It also just quite simply sounds great. f’s, s’s, ch’s… Sibilant and liquid jubilation.
I also love knowing that “je pouvais voir” (I was able to/ I could see) was suggested to Claude Simon by a poor translation of Faulkner, where “I could see” was translated as “je pouvais voir” (I was able to see), a phrasing Simon then made his to emphasize characteristics intrinsic to his character (a certain passivity/ openness, limitations, etc.)
“Mais l’ai-je vraiment vu ou cru le voir ou tout simplement imaginé après coup ou encore rêvé, peut-être dormais-je les yeux grands ouverts en plein jour bercé par le martèlement monotone des sabots des cinq chevaux piétinant leurs ombres ne marchant pas exactement à la même cadence de sorte que c’était comme un crépitement alternant se rattrapant se superposant se confondant par moment comme s’il n’y avait plus qu’un seul cheval, puis se dissociant de nouveau se désagrégeant recommençant semblait-il à se courir après et cela ainsi de suite, la guerre pour ainsi dire étale pour ainsi dire paisible autour de nous, le canon sporadique frappant dans les vergers déserts avec un bruit sourd monumental et creux comme une porte en train de battre agitée par le vent dans une maison vide, le paysage tout entier vide sous le ciel immobile, le monde arrêté figé s’effritant se dépiautant s’écroulant peu à peu par morceaux comme une bâtisse abandonnée, inutilisable, livrée à l’incohérent, nonchalant, impersonnel et destructeur travail du temps.”
This sentence, the last from La Route des Flandres, is rife with allusions to Proust. It starts with an interrogation (“was it real, or did I dream it in a half-awake state?”) that reminds me of the beginning of La Recherche (a man in a bed reliving past events), and it ends on the same word, “temps” (Time), but it also dialogues with Proust, since time is not presented as a maker, but as a destructive force. Where Proust’s characters, in their old age, are bursting with Time and with being “accumulated”, Simon’s characters are emptied and destroyed by it.
On memory:
“Dans la mémoire, tout se situe sur le même plan : le dialogue, l’émotion, la vision coexistent. ”
(“In memory, everything is on the same plane: dialogue, emotion, vision coexist”.)
Obviously a quote that’s very illuminating for a first-time reader in terms of book structure (or lack thereof).
The fact that vision and emotion are put on the same level as dialogue is interesting to me: emotion and vision are sensations and are received, but conventionally, dialogue is either a literary genre/ device or a way of interacting with others. In either of these senses it would be directed outwards, wouldn’t it? What is “dialogue” in memory? A memory of a dialogue, or the hesitations, the back and forth of memory, which then is a way to investigate itself?
On a side note, that’s a good technical example of Simon’s writing, where the “and” that you’d expect between the second and third term of the enumeration simply isn’t there. Less grammar, more “everything on the same plane-ness”.
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